Le Cabinet noir !

Le Cabinet noir !

L’existence d’un éventuel cabinet noir de l’Élysée nous contraint à regarder sous un autre prisme la loi n° 2015-912 du 24 juillet 2015 relative au renseignement.

La loi sur le renseignement contient, de mon point de vue, une rédaction dangereuse pour nos libertés individuelles. L’exploitation de cette loi ne permet-elle pas à l’exécutif d’être tenu informé de l’activité de certains opposants politiques ?

La tentation n’est-elle pas grande pour ceux qui font du combat contre le Front National l’alpha et l’oméga de leur politique, de l’utiliser ? François Hollande, Manuel Valls et Bernard Cazeneuve ne s’occupent ni du chômage, ni de la pauvreté, ni de l’insécurité mais ils accordent toute leur énergie et leur temps d’élus de la république à combattre Marine Le Pen !

L’article L. 811-3 de cette loi renseignement liste, de manière limitative, les motifs d’intérêt public pour lesquels peut être autorisé le recueil de renseignements par des techniques spéciales prévues par la loi, notamment le fameux IMSI-catcher.

Y figure, bien sûr la prévention du terrorisme, l’indépendance nationale, l’intégrité du territoire et la défense nationale, les intérêts majeurs de la politique étrangère, l’exécution des engagements européens et internationaux de la France, mais aussi « la prévention de toute forme d’ingérence étrangère et la prévention des atteintes à la forme républicaine des institutions ». Cette rédaction a donné lieu à un vif débat sur le très large périmètre concerné et l’occasion qu’elle offrait d’effectuer des écoutes de journalistes, avocats, intellectuels mal-pensants… et de certains hommes et femmes politiques considérés comme dangereux pour la vie de la nation.

Marine Le Pen peut-elle être considérée comme trop proche de Vladimir Poutine et, donc, constituer un danger d’ingérence étrangère dans la campagne électorale française et donc, faire l’objet d’une surveillance à ce titre ?

Tout ceci ne me semble pas être une simple vue de l’esprit car la tentation de tout pouvoir en place est d’utiliser les moyens mis à sa disposition pour surveiller ses opposants politiques. Il ne serait pas admissible, dans un État de droit, que la lutte contre le terrorisme devienne prétexte à la surveillance des opposants politiques.

Alors, s’il n’y a pas de cabinet noir à l’Élysée, la vraie question n’est-elle pas de savoir si l’exécutif n’a pas utilisé ou fait utiliser, ou si certains serviteurs zélés n’ont pas utilisé les pouvoirs supplémentaires offerts par la loi, afin d’être encore mieux renseignés et informés sur certains opposants politiques ?

Dans ce cas, si l’on ne peut véritablement parler de cabinet noir dûment accrédité et identifié, on peut tout de même évoquer une politique de réseaux au sein de laquelle des professionnels haut placés font remonter des informations sensibles ou susceptibles d’être exploitées, au pouvoir, afin d’en tirer un bénéfice politique. Ce qui est manifestement primordial en période électorale !

Jean-Michel CADENAS

Chargé de Mission FN 53

(Image : Keywordsuggest.org)

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