Le scandale de la privatisation des radars embarqués

Le scandale de la privatisation des radars embarqués

 

Le projet de privatisation des radars embarqués, soutenu par Emmanuel Barbe, délégué à la sécurité routière au sein du ministère de l’intérieur est non seulement scandaleux, mais également très « opaque » !

Le réseau routier français dispose actuellement de 320 véhicules munis d’un radar embarqué. Ceux-ci ont flashé 1,5 million de fois en 2016. Le projet en cours prévoit de mettre en service 440 véhicules dont on prévoit 12 millions de flashs chaque année. C’est dire que les usagers de la route seront particulièrement ciblés.

Sur le plan de la sécurité routière, on sait pourtant que cela ne change rien au comportement des conducteurs et n’a aucune incidence sur la mortalité routière. En effet, depuis 2003, on a accru la présence des radars : 4450 radars fixes actuellement et la mortalité routière continue d’augmenter (3477 personnes décédées en 2016 selon l’ONSIR (Observatoire national interministériel de la sécurité routière).

Par ailleurs , si l’on veut bien considérer le taux de mortalité du au tabac : 78955 décès en 2015 soit 216 par jour, cela ne conduit pas les autorités à jeter en prison les débitants de tabac ! La mortalité n’est donc pas la raison essentielle de la taxation de plus en plus prégnante des conducteurs !

Les 26 millions d’amendes infligées aux usagers de la route en 2015 ont généré 1,67 milliard d’euros de rentrées fiscales pour l’état, dont 658 millions d’euros par les radars automatiques. En fait l’état redirige cet argent vers des comptes d’affectations spéciaux qui servent  à tout autre chose qu’à la sécurité routière et accessoirement à combler ses déficits financiers.

Enfin, lorsque l’on tente d’y voir plus clair dans la nouvelle politique de sécurité routière, l’on ne peut que constater l’opacité qui l’entoure, et en particulier pour tout ce qui concerne les marchés relatifs à la privatisation des radars embarqués.

Une expérimentation est lancée sur la Normandie avec 26 véhicules pour un budget de 2 millions d’euros. A terme, le projet prévoit pour l’ensemble du territoire français un parc de 440 véhicules avec radars embarqués pour un budget de 40 millions d’euros d’investissement. Les entreprises qui soumissionnent ont accès au cahier des charges mais l’accès à ces informations est quasiment impossible pour les observateurs indépendants, alors que le ministère avait promis la plus grande transparence à ce sujet.

Plutôt qu’à la répression routière qui transforme les conducteurs en délinquants, l’accent devrait être mis par l’état sur la formation des conducteurs, les actions de prévention et l’urbanisme routier. Mais évidemment cela ne pourrait être envisagé qu’à la condition que la mortalité routière soit la vraie raison du « matraquage » des usagers de la route !

 

Jean-Michel CADENAS

Chargé de Mission FN 53

 

(Image : LégiPermis)

 

 

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